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Enseignement supérieur:Les étudiants jugent le système LMDVoilà déjà quelques années que l’université marocaine est passée au système LMD (Licence-Master- Doctorat), mis en place en 2003 par le ministère de l’Enseignement supérieur. Il s’agit de la mise en conformité avec les diplômes européens, opération censée faciliter la vie à des milliers d’étudiants marocains voulant étudier en Europe et qui n’auront plus à se soucier des problèmes d’équivalence et de reconnaissance de leurs diplômes. Tout se serait donc bien passé comme l’ont laissé croire les assises organisées par le ministre de l’époque. Ce n’est pas l’avis de Zineb, ingénieur en Informatique, venue visiter le « Forum international des Masters-MBA 3e cycles et formation continue » organisé du 3 au 6 juillet, à la Foire internationale de Casablanca, dans l’espoir de trouver une formation à l’étranger qui servira de tremplin à son Bac+4, obtenu au pays. La nouvelle lauréate du diplôme d’ingénierie en Informatique ironise quant aux moyens mis en place par le ministère de tutelle. « Cela relève de l’utopie que de vouloir réussir un système universitaire performant avec un budget constant de 42 milliards de DH par an ». Le futur cadre supérieur renchérit : « Pour mener à bien et dans de bonnes conditions la réforme que le ministère a qualifiée de « changement dans la stabilité », le système LMD n’a rien apporté de nouveau : ni sur le plan des disciplines, ni sur le mode de gestion, ni même en terme de ressources humaines et financières ». Tous les participants au Forum s’accordent à dire que cette année la mobilisation reste timide malgré les enjeux que recèlent de telles manifestations. En effet, en cet après-midi du samedi 05 juillet, les visiteurs étaient peu nombreux. Justement, la faillite de notre système scolaire peut aussi être trouvée dans le manque d’intervention des différents partenaires et acteurs, à savoir les étudiants, les parents d’élèves, les collectivités locales et autres enseignants. Fouad, licencié en Lettres françaises de l’université Moulay Ismail de Meknès, estime que la faiblesse de la mobilisation est due au fait qu’une grande partie des Marocains, pour des raisons diverses, surtout liées à l’analphabétisme, n’ont pas pleinement conscience des enjeux de la formation et qu’ils ne se sentent pas toujours interpellés par les problèmes de l’école. Et d’ajouter : « Ces mêmes populations ne reconnaissent pas non plus les dangers inhérents à la persistance de déficits graves en termes d’éducation ». Mohcine, un autre étudiant en visite au Forum, souligne que le rejet des idées reçues selon lesquelles l’éducation n’est pas un « plus », ne s’est pas encore profondément installé chez la population. D’où ce manque d’intérêt, surtout dans le milieu rural. Si les raisons de ce peu d’engouement pour l’enseignement public sont connues, il reste que les remèdes sont plus difficiles à trouver et à mettre en oeuvre. Une responsable de communication de l’Université Mohammed V de Rabat tente d’apporter une réponse à cette question qui concerne toutes les générations à venir. Selon elle, la vraie réforme de l’université marocaine passera nécessairement par son autonomie afin de la mettre en conformité avec les exigences de la transition démocratique et former les compétences nécessaires pour évoluer dans une économie de marché. La suppression de la tutelle de l’Enseignement supérieur, qui ne pourra plus interférer directement dans la gestion de l’université, est également impérative. A l’avenir, ajoute la responsable de communication à l’Université Mohammed V, les missions du ministère consisteront à planifier à moyen terme la politique de l’enseignement supérieur et de la recherche, à obtenir des ressources financières en rapport avec les objectifs préalablement définis, et à réaliser l’infrastructure ainsi que de créer des académies universitaires régionales qui constitueront l’interface entre les pouvoirs publics et les universités à l’échelon régional. Il s’agira d’une structure administrative déconcentrée émanant du ministère, mais sans que ce dernier dispose du pouvoir de tutelle. La révision des programmes, qui sera engagée dans chaque université, fait également partie des remèdes. Il faudra, en effet, adapter les cursus à l’évolution scientifique et technique, aux nécessités de l’économie de marché et aux besoins des entreprises, l’établissement de l’enseignement des langues étrangères sans exclusive, mais avec une priorité pour les langues ayant des liens historiques, politiques et économiques avec le Maroc. |
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