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Initiative un million de cartables:Le rapport d’évaluation prévu à fin marsL’opération « Initiative un million de cartables » sera évaluée au cours des premiers mois au niveau de toutes les délégations de l’enseignement afin de mesurer son efficacité quant à la lutte contre la déperdition scolaire. A fin mars, un rapport définitif dévoilera les résultats concrets de l’opération. Mais, en attendant l’évaluation objective, le ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur, de la Formation des cadres et de la Recherche scientifique, Ahmed Akhchichine affiche d’ores et déjà son optimisme et s’attend au succès de l’initiative. Au cours d’un point de presse, hier à Rabat, il n’a pas cessé de répéter qu’il s’agit d’un travail pédagogique de proximité pour rapprocher l’école de son entourage et redonner confiance aux familles quant à l’espace éducatif. Afin de garantir la transparence de la répartition, l’inspection générale des finances ainsi que la direction de l’inspection générale du ministère de l’Education nationale assureront le suivi jusqu’à la fin de l’initiative. Celle-ci est prévue un mois après la rentrée scolaire qui démarrera le 11 septembre. En effet, on essaiera de faire un grand effort pour persuader les familles de scolariser leurs enfants et récupérer, ainsi, ceux qui ont quitté l’école. On suivra, ensuite, la transformation des indicateurs de l’enseignement pour voir si réellement l’opération a pu atteindre les objectifs escomptés : le taux d’inscription tant au niveau du primaire que de la première année de l’enseignement secondaire. La répartition des bénéficiaires se fera selon la carte de précarité économique. La région de Marrakech-Tensift-Al Haouz arrive en tête des régions qui vont bénéficier des retombées de cette initiative. Le coût de scolarisation dépasse le simple volet des fournitures scolaires puisque l’élève a fortement besoin d’autres dépenses liées à l’habillement, la nourriture et le transport. Un fait reconnu par le responsable gouvernemental. Mais, il estime que l’effort reste également louable puisque l’idée est de garantir l’égalité des chances en ce qui concerne les fournitures scolaires, car nombreux sont les parents qui n’ont pas les moyens de les acquérir. Aussi, l’élève issu d’une famille nécessiteuse est-il pénalisé et risque-t-il d’être, à n’importe quel moment, victime de la déperdition scolaire. Celle-ci a plusieurs répercussions négatives sur l’économie marocaine. Elle hypothèque, en effet, l’avenir du pays. Le manque à gagner est trop grand. Près de 200 000 élèves sont déscolarisés avant la fin du cycle primaire. Le coût de la déperdition est estimé à 1 % du PIB, soit 2.806.500.000 de dirhams. Ce résultat provient d’une étude intitulée « La non scolarisation au Maroc : une analyse en terme de coût d’opportunité ». C’est un chiffre alarmant puisqu’il s’agit d’un enfant sur trois qui est en dehors de l’école. L’indicateur de scolarisation a enregistré depuis 1999 une évolution notable. Mais cette évolution reste faible par rapport aux objectifs tracés par la charte d’éducation et de formation. Et c’est le taux d’abandon qui est de l’ordre de 5 % et 6 % des effectifs inscrits qui est responsable de cette lenteur. Selon l’étude, le principe de la gratuité de l’enseignement mentionnée dans la charte de l’éducation et de la formation n’est pas tout à fait vrai. Il ne couvre pas la totalité des coûts supportés par les familles. On estime à 500 dirhams les frais annuels de scolarité. Cela représente 25 % du Smig en moyenne. C’est le coût de la rentrée scolaire qui est très lourd pour les familles à revenus limités. L’étude publiée en 2006 appelle les responsables à réfléchir à la prise en charge des enfants issus des familles les plus démunies pour éviter de tomber dans le piège de la déscolarisation. Et il est temps de mettre en œuvre cette recommandation. De ce fait, l’opération « Un million de cartables » a été saluée de part et d’autre quoique les libraires se soient sentis lésés car ils ne s’attendent pas à une baisse de leurs gains. A. Akhchichine estime que les objectifs tracés dépassent de loin les intérêts de quelques personnes. Il a tenu, en outre, à expliquer que l’opération vise les couches qui n’ont pas les moyens d’acquérir les fournitures scolaires. Ainsi, il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Il est à noter que la plupart des livres scolaires ont été directement achetés auprès des éditeurs. En ce qui concerne les cartables, trois grands centres commerciaux ont été choisis : Asswak Assalam (26%), Metro (33%) et Marjane (41 %). |
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