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Journée nationale du handicap:Une école pour des enfants pas comme les autres« Mon enfant a enfin oublié sa différence, je suis tout émue ». La maman de Nawfal est heureuse, son enfant qui souffre d’un handicap mental a enfin pu s’intégrer avec ses semblables. Tout comme les autres enfants « normaux », il était joyeux, radieux et excité… Tout au long de la matinée du 27 mars, il montait sur scène, faisait ses numéros et dansait inlassablement au rythme des musiques. En effet, dans le cadre de la célébration de la Journée nationale des personnes handicapées, célébrée chaque année le 30 mars, l’association 3C (Carrefour de la citoyenneté et des chantiers) a organisé jeudi dernier, une journée d’animation culturelle au profit des élèves handicapés de l’école Malki à Sidi Bernoussi. Au programme : compétitions sportives, animations musicales et ateliers. « Nos élèves malentendants et trisomiques ont pu s’exprimer sans complexe ni embarras devant une audience composée, d’instituteurs, de parents d’élèves et d’enfants », annonce fièrement Rachida Mkahli, institutrice. Elle poursuit : « Nous sommes très heureux des résultats et nous espérons que les responsables nous aideront davantage en matière de formations d’éducateurs et d’infrastructures…car si cette classe a vu le jour, c’est grâce à l’aide de la délégation du ministère, à la volonté des formateurs et au désir d’aider ces enfants handicapés ». Rappelons que, tout a commencé lorsque la délégation du ministère de l’Education de Sidi Bernoussi a eu l’idée de créer des classes intégrées pour handicapés dans les écoles publiques. Elle a choisi alors deux institutions : El Malki et Yakoub El Mansour. Après sélection, c’est la première qui a été retenue suite à un sondage qui a montré que c’était l’institution la plus proche du plus grand nombre de trisomiques. C’est ainsi que la classe dédiée à l’enseignement des trisomiques fut créée en 1999. Aussi, pour combler le besoin en encadrement, le ministère s’est chargé en premier temps de prodiguer une formation de courte durée aux cadres. Forte de cette expérience, l’école, soutenue par la délégation décide d’ouvrir une nouvelle classe intégrée, consacrée cette fois-ci aux sourds-muets. L’idée germe trois ans dans la tête des responsables avant qu’elle se concrétise le 17 janvier 2007. Depuis, les élèves des deux classes n’ont cessé d’apprendre et le bureau de communication procède à leur contrôle continu. En 2006, une étude d’évaluation a été effectuée pour voir où en sont les élèves qui ont étudié à El Malki. Résultat : 4 élèves ont été intégrés dans l’enseignement normal, depuis 1999. Un résultat encourageant surtout si l’on sait que la problématique de suivi après les cours persiste toujours. En fait, l’enfant passe 6 ou 7 ans dans ces classes préparatoires mais après, ses horizons sont fermés. « Il faut que les responsables pensent à créer d’autres classes dans des lycées et des collèges, car lorsque l’enfant atteint 14 ou 15 ans, il a besoin de formation », réclame Rachida l’institutrice. Et oui, le problème de prise en charge remonte toujours à la surface. Car malgré les efforts consentis par les ONG et certains pouvoirs publics, la situation reste encore et toujours immaîtrisable. Certes, des actions de sensibilisation, d’information, de solidarité ont été réalisées, mais cela reste encore beaucoup trop insuffisant. Au-delà de 18 ans, les Centres médico-pédagogiques et les classes intégrées n’acceptent plus les jeunes handicapés mentaux. D’autres problèmes subsistent toujours en matière d’éducation, de formation professionnelle, de prise en charge médicale et d’accessibilité… Aujourd’hui, sur le plan légal, un processus de concertation vient d’être entamé au niveau national. Le 18 mars dernier, le ministère de Développement social, de la Famille et de la Solidarité a présenté un projet de loi de 86 articles, visant la consolidation des droits des personnes handicapées à travers la qualification professionnelle, la formation, l’emploi et la couverture médicale et sociale. Ce projet propose également la création d’un fonds national pour la consolidation de ces droits. Toutefois, cette loi doit être encore plus affinée afin qu’aucun type de handicap ne soit lésé, en particulier celui mental. Si actuellement, les efforts des l’Etat sont louables, ceux des ONG, qui sont plus de 500 à jouer un rôle important à ce niveau, le sont plus. C’est d’ailleurs le cas de l’association 3C qui a organisé la matinée culturelle du 27 mars où les enfants handicapés ont oublié leurs différences et ont su se surpasser pour présenter un bon spectacle. Eux qui ignoraient comment se comporter avec leurs copains ni comment se tenir ? « Certains avaient même manifesté au début de l’année, une attitude agressive et avaient besoin d’une plus longue période d’adaptation. C’était aussi le cas de certains élèves de la classe voisine consacrée aux trisomiques », déclare Rachida Mkahli. Elle avoue que, « cette mission requiert beaucoup de patience. Souvent, je fais de mon mieux pour éviter de contredire les enfants par peur de les décourager et de les pousser à tout abandonner ». Abandonner l’école est un mot qui ne figure nullement dans l’abécédaire de l’école El Malki. Car cet institut compte plus de 50 élèves aux besoins spécifiques, dont 25 sourds-muets et 24 trisomiques. Tous, ont célébré à leurs façon, la journée mondiale des personnes handicapées. Ces enfants nous ont montré encore une fois, qu’ils sont capables de faire des travaux tout a fait identiques à ceux des « personnes normales ». Rappelons qu’au Maroc, ils sont quelque 1,5 million de personnes handicapées, soit 5,12% de la population, à vouloir défier la nature et intégrer la société. Plusieurs d’entre eux s’affirment jour après jour, lentement mais sûrement !n |
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