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La triche au Bac,60 élèves suspendus des épreuves du Bac à Casablanca et 20 portables saisisOn n’en a pas fini avec la triche aux examens. Après les épreuves du Bac terminal, voici les examens de première année Bac à partir de ce lundi 9 juin.Et l’on s’attend aussi au même phénomène lors de l’examen national de 3ème collégiale, dernière classe du collège, à partir du 18 juin prochain. Toutefois, au ministère de l’Education, on est à l’optimisme car il y aurait moins de tricheurs que l’année avec 504 cas enregistrés au niveau national pour les épreuves du 3 au 5 juin 2008, contre 1350 en 2007. Pour le bilan de la triche au Bac à Casablanca, établi par l’Académie le vendredi 6 juin, soit au lendemain des dernières épreuves, soixante élèves, dont dix filles, ont été convaincus de triche aux épreuves du Bac dans des centres d’examen de l’Académie de la métropole et 20 portables « employés pour la triche » saisis chez certains d’entre eux. La part du lion est revenue aux épreuves du Bac du mercredi 4 juin, surtout lors des épreuves de l’histoire et géographie, avec 19 cas de triche recensés. Statistiques selon les matières : la philo 11 cas, les maths 9, les épreuves d’arabe 9, science de la vie de la vie de la terre 4, physique-chimie 2, anglais 2, allemand 2, comptabilité 1, italien 1. Toutefois les épreuves du Bac se sont achevées à Casablanca avec moins de triche que d’habitude, selon l’Académie. D’après le directeur de l’Académie, M. Hafi, le nombre de cas détectés a beaucoup baissé par rapport aux épreuves passées, par contre les procédés ont changé. « Contre 60 cas de triches cette année, il y avait eu 138 l’année dernière à Casablanca. Il y a quatre ans, on avait saisi 400 portables lors de la surveillance des épreuves du Bac dans la capitale économique ». Les procédures ont changé car il y aurait maintenant « des réseaux » des personnes qui parviennent à avoir des copies d’épreuves ou des questions de candidats qui sortent très tôt du centre d’examen. Cette « fuite des épreuves » d’un genre nouveau permet à ceux qui en bénéficient d’appeler les autres candidats encore en classe pour les informer grâce au bluetoot. « Nous pensons qu’il y a des réseaux de fraude et peut-être que nous serons dans la contrainte de présenter quelques dossiers devant la justice », indique M.Hafi. Jusqu’à présent, les mesures coercitives ne semblent pas vraiment avoir eu les résultats escomptés. Mais est ce qu’on peut vraiment expliquer la triche par simple manque de discipline ou faut-il penser qu’elle fait partie intégrante d’un système de mentalité en vogue qui prône le moindre effort. Faut-il par contre penser que c’est dû à la nature des programmes ? Si l’Académie pense qu’il y a moins de triche relativement à l’année dernière, des enseignants et des élèves pensent qu’il y aurait une recrudescence du phénomène selon les établissements et la discipline qui y règne. On a noté une atmosphère très tendue durant les jours des épreuves puisqu’il a été fait appel aux forces de l’ordre dans certains établissements de Hay Hassani, Ain Sebaa (Oukba Bnou Nafii) et Moulay Rachid, pour permettre aux enseignants de quitter les établissements à la fin de leur travail car les établissements-centres d’examen en question étaient quadrillés par « des élèves mécontents pour avoir été empéchés de tricher ». Le mécontentement des tricheurs est expliqué par la sévérité des sanctions futures encourues puisque les candidats pris en flagrant délit risquent jusqu’à cinq années d’exclusion de l’examen du bac. Les tricheurs pourtant savaient à quoi s’en tenir car parfois ils avaient de l’audace comme le cas d’un élève qui remet un portable au surveillant pour faire croire qu’il n’a que celui-là alors qu’il en garde un autre avec lequel il allait pouvoir tricher. Aussi, comme ces deux intrus qui passaient l’examen à la place des vrais candidats. L’année dernière un candidat avait été pris passant les épreuves à la place de son frère ! Il semble, d’après des élèves, que l’astuce est trop courante. A noter que la triche en maths est le fait d’élèves de la branche sciences expérimentales généralement, car les élèves de sciences-maths sont réputés « les plus disciplinés ». « Quand les élèves font des efforts tout au long de l’année, ils n’ont pas besoin de tricher car les épreuves leur paraissent normales », soutient un enseignant. Or les épreuves de beaucoup de matières scientifiques ont été jugées « relativement faciles ». Concernant le phénomène des tricheurs « pris la main dans le sac », toutes les délégations de Casablanca sont touchées. Les procédures de triche sont grosso modo deux catégories, celles qui concernent le matériel électronique de plus en plus sophistiqué avec portables et bluetooth et celles qu’on appelle communément naqla (copiage) avec ces résumés de leçons donnés par la prof et qui sont miniaturisés grâce au photocopieur pour être facilement cachés. Le nombre annoncé de cas de triche ne devrait pas, en toute logique, correspondre au chiffre réel. Contre ceux qui sont pris, combien sont passés par les mailles ? Soit que ceux-ci ne sont pas détectés par les surveillants, soit que ces derniers ne sont pas très stricts pour faire respecter la discipline, souvent aussi par peur de représailles. C’est dire que la stratégie employée cette année par l’Académie de Casablanca consistant à dispatcher les enseignants des lycées sur d’autres lycées éloignés a eu des effets très relatifs. « Il n’est pas facile de changer du jour au lendemain des pratiques qui ont envahi les rangs des élèves depuis des années », déclare un enseignant. Il faut du temps pour changer de mauvaises habitudes bien ancrées dans les mœurs et qui sont nées avec le système pédagogique éculé qui se basait essentiellement sur la mémorisation. Par le passé, la triche c’était seulement le grand examen terminal du Bac avant de faire tâche d’huile pour toucher, comme par contagion, d’autres niveaux. « Mais attendez ce lundi pour voir les photocopies de naqla, ça sera la grande fête ! », déclare un élève en parlant des épreuves de 1ère année Bac. Ce n’est pas en effet fini avec Naqla ou lhjabat, ces résumés de leçons imprimés sur des feuilles qu’on photocopie à tour de bras dans de petites dimensions dans les téléboutiques et bureaux de tabac. A la sortie du lycée, les élèves s’en débarrassent à moins qu’ils n’aient eu l’outrecuidance de le faire en classe même, ce qui aurait été le cas dans plus d’un lycée. Le même jeu se répètera peut-êtrele 18 juin avec les épreuves d’examen national des élèves de 9ème année. Pour les epreuves du Bac qui viennent de finir un point « positif » est noté dans l’Académie de Casablanca : Aucun cas de triche dans les délégations rurales Médiouna et Nouacer. Pour l’instant, on sait que les 60 candidats cités plus haut ont été exclus de l’examen. Une commission doit se réunir bientôt pour examiner, cas par cas, la situation de chaque candidat et décider du sort des tricheurs qui peuvent être condamnés à ne plus mettre les pieds à l’examen de 1 à 5 ans. Le cas de Khémisset qui a permis la fuite des épreuves par erreur a chamboulé toutes les prévisions de déroulement du programme des examens et cela s’est répercuté aussi sur le programme des corrections prévues pour mercredi mais qui n’ont pu effectivement commencer que le jeudi, soit avec 24 heures de retard. Il est à noter à ce propos qu’il y a une centaine de copies par correcteur et les correcteurs sont 2920 enseignants dépendant de 537 commissions. M.B - L’opinion |
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