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Scandale Hannibal Kadhafi:Une affaire judiciaire dénouée et une crise diplomatique désamorcéeLe juge d’instruction de Genève, Michel Graber, a pris acte hier du retrait de la plainte pénale des deux anciens domestiques contre Hannibal Kadhafi et son épouse Aline. Avant d’annoncer la nouvelle, « j’ai demandé, dit-il, à les entendre pour m’assurer qu’ils retiraient leur plainte de manière libre et réfléchie » Les deux employés, un Marocain et une Tunisienne, qui avaient porté plainte en juillet dernier contre le fils du président libyen Hannibal Kadhafi, viennent de renoncer en effet aux poursuites engagées contre lui pour maltraitance et sévices. C’est leur propre avocat, Maître François Membrez, qui l’a pour sa part annoncé hier à Genève dans un communiqué où il précise également : « De manières libre, réfléchie et éclairée, mes clients ont décidé de retirer la plainte pénale qu’ils avaient déposée contre Hannibal Kadhafi et sa femme Aline ». Autrement dit, le libre choix leur était laissé, ils n’ont subi aucune pression si l’on en croit leur défenseur. Les autorités judiciaires suisses, connues pour leur rigueur et leur impartialité, ne se sont pas fait faute d’inculper Hannibal Kadhafi et son épouse. Avant d’être libérés après deux jours de détention, ces derniers ont versé une caution de 312.500 euros, soit un demi-million de francs suisses. Ils demeuraient toutefois sous le coup de la loi à Genève pour « coups et blessures ». Ce qui n’était pas du goût du président libyen Mouâamar Kadhafi qui, non content d’emprisonner en représailles deux citoyens suisses, a menacé la Confédération helvétique d’une série de mesures de rétorsions économiques –dont la suspension des livraisons de pétrole et, surtout, d’un unilatéral des importants avoirs financiers– on se doute qu’il s’agit de milliards de dollars depuis 1969 déposés dans les banques de Genève et de Zurich… Dans ce chassé-croisé qui relève de l’embrouillamini, le sort des ressortissants marocains représentait un grain de sable. Celui autour duquel, pourtant, tourne toute la machinerie diplomatique triangulaire. Le procureur général de Genève Daniel Zappelli, tout à sa rigueur, avait déclaré le 13 août dernier que « la procédure judiciaire engagée contre le couple Kadhafi ne pouvait être arrêtée que par un retrait de la plainte ». Voilà donc la plainte retirée. Un pas important vient d’être accompli donc pour désamorcer la crise diplomatique entre la Suisse et la Libye, le gouvernement suisse n’ayant jamais caché son désir de « rétablir la plénitude de ses relations avec la Libye ». Maître François Membrez ajoute que ses deux clients « ont été correctement indemnisés et ont été reconnus comme victimes, leurs souffrances ayant été prises en compte ». Il n’est pas difficile d’imaginer que la campagne de pressions en Suisse notamment, au niveau des Etats également, ait joué un rôle en faveur d’un rapprochement entre les plaignants et Hannibal Kadhafi pour un arrangement que tout un chacun soupçonnait et attendait plus ou moins. Le dénouement avait commencé aussi lorsqu’au cours de la deuxième semaine du mois d’août, plus exactement le mercredi 13, Zahra El Kachanni, mère du jeune ressortissant marocain qui a porté plainte, a regagné le Maroc en provenance de la Libye. Les autorités libyennes l’avait autorisée à quitter le territoire pour rejoindre le Maroc, suite à une mission de « bons offices », disons au travail discret de « missi dominici » et des autorités diplomatiques marocaines, mettant ainsi un terme à l’angoisse et aux inquiétudes exprimées ici et là sur sa détention. Le retrait de la plainte de son fils –et de son amie– contre Hannibal Kadhafi constitue la seconde étape d’un processus de négociations où plusieurs instances, officielles ou officieuses, suisses, libyennes et marocaines sont intervenues. A vrai dire, les pourparlers entre les parties concernées étaient rendus difficiles, voire « bloqués » tant que le sort du frère ou plutôt le deuxième fils de Zahra El Kachanni, installé avec elle en Libye, n’était pas définitivement connu. Or, une source bien informée, « proche du gouvernement marocain » dit-t-on, mais préférant l’anonymat, n’avait-elle pas affirmé que le frère en question se trouvait en Tunisie ? Il faut espérer confirmation d’une telle information. Cependant, une question se pose : imaginerait-on le règlement d’une aussi complexe affaire, l’acquiescement du frère en Suisse aux termes d’un accord apparemment « correct », comme le dit l’avocat, s’il n’avait pas obtenu des garanties sur le sort de son frère ? N’y a-t-il pas existence ou possibilité d’un quelconque accord global, incluant la vérité sur le statut du frère qui travaillait en Libye ? L’affaire Hannibal, comme une poupée russe, n’a pas fini de révéler ses facettes et ses découvertes. |
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