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Voyage:Prendre le train et souffrir

Personne ne conteste le fait que le train est le moyen de transport le plus sûr, le plus fiable et le plus rapide. C’est peut-être valable sous d’autres cieux. Chez nous, c’est d’être le cas. Les retards répétitifs finissent par écorner l’image des trains de l’Office national des chemins de fer (ONCF). Le calvaire vécu par les centaines de voyageurs du train navette rapide Rabat/Casa illustre parfaitement cet état de fait. La longue file d’attente devant le guichet et les interminables travaux à la gare Rabat ville, où un bruit assourdissant est devenu monnaie courante, annoncent déjà la couleur. Les quelques sièges existants sur les quais sont toujours occupés. Avant de pouvoir profiter de la climatisation, les passagers doivent, sous le soleil, s’armer de patience. En cette journée de juillet, le train, prévu à 16h30 n’est toujours pas arrivé. Un malaise gagne les cœurs. Tout le monde semble stressé à l’idée que, encore une fois, le train ne sifflera pas à temps.

Après une demi-heure, le train n’est toujours pas là. L’angoisse bat son plein, alors que d’autres personnes s’ajoutent au fur et à mesure aux voyageurs malheureux et furieux. 17h10, le train tant attendu fait enfin son apparition. Archicomble, il doit accueillir et les voyageurs du train de 16h30 et ceux de 17h. La situation est très critique.

Une fois dans le train, et après une bataille acharnée pour y accéder, les voyageurs restent, faute de places, debout, entassés comme des sardines. Ils ont du mal à respirer. Chaque centimètre carré du train est occupé. Bouger relève de l’exploit. Pour avoir un peu d’air, les passagers sont contraints d’ouvrir les portières, préférant le risque de tomber à celui d’être étouffés. Les minutes passent comme des heures.

Arrivés à la gare de Temara, d’autres voyageurs s’ajoutent au calvaire qui s’amplifie encore plus à la gare de Shkirat. Face à cette situation pour le moins désagréable, certains voyageurs ont préféré, dans l’espoir d’échapper à l’angoisse et à la souffrance, s’arrêter à Bouznika, alors que leur destination initiale était Casablanca. Des MRE, quant à eux, ont regretté leur décision d’opter pour le train comme moyen de transport. En effet, ils étaient presque dans un état de choc. Souffrant d’une chaleur accablante, et transpirant tout l’eau de leurs corps, ils exigent d’être remboursés arguant que l’ONCF a failli à son engagement. Les nerfs de plus en plus tendus, les passagers perdent leur sang froid. Des accrochages éclatent çà et là, ajoutant plus de tension à l’atmosphère déjà chargée.

Des voyageurs, même s’ils sont apparemment habitués à prendre le train, commencent à manifester leur colère, demandant un meilleur traitement, compte tenu du prix du billet. Ils réclament plus de trains, sachant que la demande dépasse largement l’offre. « C’est un traitement abusif qu’on nous fait subir », s’indigne un voyageur. Un autre renchérit : « Les responsables ne sont pas à l’écoute des réclamations répétées des usagers du train. C’est la politique de la sourde oreille ».

En effet, en l’absence d’alternatives, les voyageurs sont obligés de supporter toute sorte d’atteinte à leurs droits en tant que clients. Les conséquences physiques et psychiques de cette torture ne sont pas à négliger surtout pour une population active que ce soit au niveau du rendement au travail ou au niveau de la vie privée. Prendre le train aujourd’hui est loin d’être une partie de plaisir comme le disent les spots publicitaires. Les regards frustrés et les souffles coupés, beaucoup de passagers sont livrés à leur sort.

*journaliste stagiaire


TGV, la solution ? Le projet du train à grande vitesse pourrait être la solution adéquate aux problèmes que connaît le transport ferroviaire dans notre pays. Il s’agit d’une ligne de chemin de fer à grande vitesse, entre Tanger au Nord et Agadir au Sud, dont les travaux devraient être achevés en 2010. Cette ligne est le fruit d’un partenariat entre l’ONCF et la Société nationale des chemins de fer française (SNCF). Les premiers trains à grande vitesse du monde arabe relieraient Tanger à Agadir via Marrakech ainsi que Casablanca sur la côte atlantique à Oujda à l’Oriental. Ces trains pourraient atteindre la vitesse de 300km/h, réduisant ainsi le temps du trajet entre Marrakech et Tanger à deux heures trente, au lieu de huit heures actuellement.

La liaison ferroviaire entre Casablanca et Marrakech passerait de plus de trois heures à une heure vingt minutes, et il ne faudrait qu’une heure trente, contre 4h30 actuellement, pour relier Rabat à Tanger. 1500 kilomètres de voies sont à construire à l’horizon 2030. Le coût total des travaux atteindrait 25 milliards de DH. Quant au projet du tunnel entre l’Europe et l’Afrique sous le détroit de Gibraltar, il est toujours d’actualité. Ce qui donne à penser qu’un jour, des trains pourraient relier directement Madrid et Marrakech. Par Badreddine Bentak* | LE MATIN

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